Sonnet pour le Centenaire n° 0012

L’entonnoir (Les Eparges – 55)

Lecture par l’auteur avec illustration musicale de Paul Glaeser :  

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J’étais dans ma tranchée, attendant la relève,

Lorsque s’interrompit, loin dessous, le son court

Des coups que le sous-sol supportait comme un cours

Dont la monotonie endort le bon élève !

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Puis une onde sur moi m’attrape et me soulève

En m’arrachant la chair du corps en son parcours

Vers l’infini du ciel n’offrant aucun recours

Pour planter sur ma tombe une croix comme un glaive…

 *

Retombant sur le sol par morceaux ou paquets,

Je ne sais plus vraiment sur lequel de ces quais

Doit se mettre à prier un court instant mon âme…

 *

Alors, je tourne en rond le long de l’entonnoir

Me rendant disparu pour les yeux de ma femme

Mais non de la corneille et du rat dans le noir !

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