Sonnet pour le Centenaire n° 0440

L’activité mortuaire dans l’arrière-front

Lecture voix seule par l’auteur : 

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Dans tout l’arrière-front, français comme allemand,

La logistique oeuvrait comme en des fourmilières

D’où partaient en tout sens troupiers, ambulancières

Cavaliers esseulés ou tout un régiment…

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Des chariots surchargés de morts, à tout moment,

Ne parlaient qu’à leurs nez, par l’odeur outrancière,

Dont la forte âcreté leur était familière,

De ces corps attendant longtemps l’enterrement !

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Chez ces hommes chargés du destin des cadavres,

Plus aucun sentiment ne faisait qu’ils s’en navrent

A force d’habitude endurcissant leur cœur…

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Car en exécutant, comme une autre, leur tâche,

Leur esprit s’éloignait alors de la rancœur

Que ces monceaux d’humains exhalaient sous leur bâche !

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